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Moteur Idéal pour Nuit Blanche 2021
Nils Alix-Tabeling & Justin Fitzpatrick

du 2 octobre au 11 décembre 2021

à la Maison populaire de Montreuil (FR)
 

Dans le cadre de la Nuit Blanche 2021, et à l’invitation de Lou Masduraud et Thomas Conchou, Nils Alix-Tabeling et Justin Fitzpatrick (1991 et 1985, vivent et travaillent à Montargis) signent leur première œuvre collaborative. Inspirée des travaux du philosophe Henri Bergson sur la perception du temps et sa durée, Moteur Idéal se présente comme une installation scénographique activée par une performance en deux actes. Empruntant aux formes des chars de défilé et aux décors de théâtre itinérant, l’œuvre s’articule autour de deux chevaux ruants et d’un chariot central, représentant respectivement les idées abstraites de perception et de mémoire.

Les chevaux cabrés incarnent le système nerveux, la réaction immédiate aux stimuli qui nous sont transmis par les sens, et la volonté d’accueillir la nouveauté de chaque instant. Ils symbolisent l’expérience de vivre au présent, dans un monde perçu sur le vif, en tension. Sans mémoire, ils sont des sujets purement expérientiels, et chaque situation leur apparaît comme nouvelle et terrifiante : ils agissent sans savoir. En guise de cochet, trois figures inspirées par la célèbre illustration de Urs Amann pour l’album Timewind de Klaus Schulz (1975) dansent et se prélassent sur le chariot central. Ces parques, devenues des chattes, incarnent le temps réflexif, celui que nous nous figurons, que nous anticipons, et dont nous nous souvenons. Elles tournent autour d’une haute colonne surmontée d’un rouet figurant l’épine dorsale du corps, et évocative de son intériorité par sa forme. Closes sur elles-mêmes, fermées sur leur introspection, les trois chattes sont la mémoire pure, déconnectée de la physicalité du monde : elles savent, mais ne peuvent agir.

Des cordes rouges agencées en macramé rappellent les nerfs et les tendons par lesquels nous sentons, et agissons. Elles viennent relier sens et mémoire, temps perçu et temps figuré, permettant à cet assemblage chaotique de s’unir pour mettre en lumière la façon dont le corps informe l’expérience subjective et la conscience, et vice-versa. Ici le corps et l’esprit ne sont pas considérés en opposition mais dans une dialectique étroite liant réflexe et réflexion.

Interprétée par Louis Sé, et accompagné par Alizée Quitmann aux costumes, une performance en deux actes présentera sous forme d’Opérette deux personnages mythiques liés au temps : un cadran solaire, amoureux du soleil, et la mort, sous les traits d’une vieille harpie haranguant l’humanité.

 


photo credits: Margot Montigny
graphic design: Roxanne Maillet